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« LE REGARD DE L’ACADEMIE DURABLE »

18 décembre 2017

LES GRANDES TENDANCES « DURABLES » QUI ANIMENT L’EVOLUTION DU CONTEXTE MONDIAL A FIN 2017

La montée de l’économie durable est un fait…

  • 5 tendances macro-économiques favorables…
    • La prise de pouvoir des acteurs non-étatiques dans la décarbonation
    • L’investissement très significatif dans les ENR, VE, micro & smartgrids
    • Le basculement de la finance bancaire dans l’enjeu carbone
    • La sanctuarisation croissante des forêts
    • L’irréversibilité des questions Human Rights dans les diligences
  • 5 tendances sociétales qui se confirment un peu partout…
    • La protection de la santé, toujours gagnante des contentieux
    • La suspicion a priori des lobbyings privés et de l’expertise scientifique
    • Le respect de la fiscalité comme valeur universelle croissante
    • L’appropriation majoritaire par les femmes des enjeux durables
    • La proximité comme garantie de sécurité
  • 5 tendances business qui s’affirment plus clairement…
    • Le zero emission GES obligatoire à 2030
    • L’économie circulaire source d’innovation
    • L’intérêt de l’extra-financier au service de la valeur globale
    • L’attention croissante de la Gouvernance aux risques ESG
    • L’intérêt des collaborations comme outil de progrès

 

Mais des tendances lourdes ralentissent ce mouvement vers l’économie durable :

  • Un changement de modèle qui intéresse surtout les européens
  • La distance des partenaires sociaux dans cette dynamique
  • L’incapacité générale à faire se rejoindre emploi et durabilité
  • Le refus du business d’adresser la répartition de la valeur
  • L’absence de pilotage international en matière de RSE

La question de «la course de vitesse » entre les réponses apportées aux enjeux et leur criticité fondamentale reste posée…

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Les affaires du monde sont les affaires de l’entreprise

21 novembre 2017
Les affaires du monde sont les affaires de l’entreprise

Comment mobiliser les entreprises au service du bien commun ?

Lors d’une intervention au sein d’entreprise et progrès, Patrick d’Humieres, directeur de l’académie durable internationale et Company 21, rappelle les problématiques de l’économie internationale confrontée à un déficit de durabilité, au sens où les nations unies viennent de poser 17 objectifs de progrès majeurs et appellent les acteurs concernés à se les approprier.

Cet objectif de durabilité de la planète passe par la durabilité des entreprises elles memes car elles dictent les structures de production et de consommation. La bonne nouvelle est que ce modèle durable est à la fois le plus efficace à long terme et qu’il répond aux attentes de la population. Il faut donc infléchir sans tarder notre management et créer des alliances locales, institutionnelles, sectorielles, mondiales, pour porter ces nouveaux modes de production circulaire, eco-concus, de consommation responsable et de régulation engagée pour passer des 30 glorieuses, qui ont conduit au gaspillage, aux 30 gagnantes, qui doivent conduire à une prospérité sobre et mieux répartie.

Les entrepreneurs, grands et petits, ont tous désormais le modèle durable comme horizon de progrès et l’Europe y trouvera une chance d’affirmer ainsi sa vision d’une économie mieux régulée.

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Oublions la RSE des années 2000 et inventons la durabilité des années 2020 !

14 novembre 2017
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Les messages nouveaux s’accumulent, inquiétants et positifs à la fois : alerte lancée par la communauté scientifique sur le risque de non-retour des atteintes à la biodiversité du globe, reprise de la montée des émissions de CO2, panique sur le front de l’information où les fausses nouvelles se multiplient, course de vitesse entre la création d’emplois qui s’essouffle et la démographie qui continue de monter mais aussi illégitimité de plus en plus partagée de l’évitement de l’impôt par les grands groupes, abaissement significatif des coûts des énergies renouvelables, mobilisation spectaculaire des acteurs financiers en faveur de la décarbonation des actifs ! L’humanité s’enivre de nouvelles technologies mais elle ne maîtrise pas le vaisseau, entre orages non désirés et éclaircies encore visibles…

L’ennui est que les forces de stabilisation géopolitiques ne sont pas au rendez-vous, tout au contraire : une hyperpuissance qui godille entre grandes menaces et petites manœuvres, une europe qui parle peu et à la vitesse d’un vieillard, des Nations Unies qui organisent sommets après sommets, sans audace ni leader, et partout des problématiques nationales paralysantes, du moyen-orient à la Chine, donnant raison à l’unique message de Trump : que chacun défende ses intérêts d’abord. A un moment où seule une gouvernance collective peut produire des forces centrifuges, celles-ci se cherchent dans les initiatives sociétales spontanées et éparpillées qui sèment des graines de solutions, prudentes et bienveillantes, mais qui ne sont pas à la hauteur des dérèglements observés. De Rio à Paris, des réactions se sont construites en 30 ans, sans qu’aucune institution ne soit en mesure de mettre le développement sur les rails de la durabilité…

Pas étonnant qu’on renvoie les espérances sur les seules organisations puissantes, riches, organisées qui gouvernent le monde sans partage aujourd’hui : les entreprises ! Le paysage des « relations entreprises & Société » a connu trois phases depuis l’ère industrielle : le décollage occidental jusqu’à la deuxième guerre mondiale où les Etats ont été à la remorque des capitalistes conquérants, puis le temps de la contestation, de la question sociale à la question écologique, que les syndicats puis les ONG ont nourri, pour tenter de construire un Etat Providence qui équilibre les avantages et les inconvénients de la consommation de masse, jusqu’à la fin du 20°siècle et aujourd’hui nous sommes dans un temps qui s’organise essentiellement entre les deux rives du Pacifique où s’affrontent modèle d’Etat contre modèle privé, courant derrière les excès écologiques d’une mondialisation sans pilote dont le défi principal est celui dit de « la régulation choisie ». La conséquence politique est simple : où la puissance du business continue d’exploiter les défaillances de la régulation et « il ne gagnera pas dans un monde qui perdra », ou il prend sa responsabilité pour co-construire des équilibres sociaux, environnementaux, sociétaux et de gouvernance (ESG), en s’imposant des cadres collectifs qui préservent des « biens communs » dans le temps, dans l’espace et dans les valeurs universelles.

Rien ne dit qu’au moment des grands rendez-vous énergétiques, climatiques, hydriques, démographiques etc qui sont devant nous à court terme…soit entre 2030 et 2050 – nous-mêmes et nos enfants auront 15 ans de plus, qu’est-ce ? – les cerveaux humains auront assez mûri pour auto-contrôler l’appétit matériel et élever la conscience collective, de façon à ce que l’univers politique ne soit pas en conflit ouvert avec l’univers économique, obligeant à casser les monopoles des GAFAM, à préempter les ressources et les biens communs et à recréer des frontières parce que les dirigeants auront été incapables d’internaliser les enjeux collectifs dans leur stratégie et que l’avidité l’aura emporté sur la responsabilité. Le chef d’entreprise – nous l’expliquons dans notre dernier ouvrage « la nature politique de l’entrepreneur » – a désormais une fonction politique qui consiste à prendre en charge sa part de solidarité dans la stabilisation des règles communes, en donnant au marché des cadres voulus, mettant un terme à ce dogme actuel, stupide et destructeur, de la dérégulation croissante. Encore faut-il savoir passer des contrats, si on estime que la loi ne doit et ne peut pas tout faire, ce qui vaut autant pour les administrations que pour les entrepreneurs…

Le concept, la nouvelle frontière, le lien commun pour réunir ces acteurs s’appelle « la durabilité » : durabilité de l’éco-système, formalisée dans les 16 objectifs du développement durable des Nations Unies et durabilité de l’entreprise, au travers de sa contribution positive (cf. les partenariats, 17° 0DD) ou négative à la croissance durable de la Société et de la biosphère dont elle dépend plus que jamais. On est clairement dans un défi de modèle, qui ne peut plus être l’optimisation aveugle des facteurs de production – la théorie de l’agence est disqualifiée – et le management de l’efficience capitalistique uniquement, qu’on n’a cessé de mythifier dans les business schools et d’adorer dans les conseils d’administration. Mais ne soyons pas naïfs ; à quand le basculement du modèle, passant d’un capitalisme simpliste et même égoiste à un capitalisme aménagé de philanthropie sous la pression des opinions, amélioré en europe à travers une RSE qui stimule « la durabilité » des méthodes, et devenant un capitalisme durable, c’est-à-dire co-régulateur des enjeux globaux, assumant avec ses parties prenantes les équilibres systémiques fondamentaux, sociaux, environnementaux, sociétaux aussi, dans le cadre d’un « business case » où la contrainte durable est retournée en avantage compétitif et où rentabilité et mission publique sont les deux jambes de la croissance (« le double projet » proposé par A.Riboud). Nous avons proposé pour ce modèle le nom de « planetor ». Nous y travaillons avec la recherche académique et quelques pionniers ; nous formulons à chaque ouverture legislative des idées en ce sens et nous sollicitons l’UE pour qu’elle en fasse un pilier de son projet.

Trois pistes s’imposeront : un cadre juridique mondial des « groupes » qui devront respecter déjà les excellents principes de l’OCDE ; des curseurs RSE à inclure dans les échanges commerciaux, comme l’UE commence à le proposer et une fiscalité sur les sociétés qui tient compte de leur contribution au territoire sur la base d’une métrique de base qui devient crédible. Croire c’est vouloir ! Puissent les acteurs inquiets rejoindre les acteurs constructifs pour se mettre en marche vers ce modèle durable à l’européenne, car la génération qui vient en a terriblement besoin. L’entreprise a les solutions du monde de demain, encore faut-il qu’elle mette au même niveau la perennité de la cité et la sienne, indissolublement liées de nos jours.

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De la déclaration d’Agadir au monde de 2050…

26 septembre 2017

« Les acteurs non étatiques » ont signé cet été la déclaration d’Agadir dans laquelle ils s’engagent à entraîner la société civile dans la lutte contre le réchauffement climatique ; les entreprises, le monde académique, les forces sociales s’unissent dans la recherche d’un modèle sobre, économe en ressources et tourné vers une logique du bien commun qui tranche avec nos errements actuels, responsables du gaspillage de la planète et par-delà de la précarité de bien des vies humaines. C’est une réponse constructive à la cacophonie ambiante du monde et à la doctrine « ethno-centrée » dont l’Amérique actuelle et d’autres puissances veulent nous faire croire qu’elle peut fonctionner longtemps, à rebours de l’universalisme qui a porté les vraies valeurs de progrès et éviter de ré-ouvrir les plaies toujours à vif des errements nationaux.

Pour justifier cette prise de pouvoir des acteurs sociétaux dans l’arène politique, on ressort en économie « la théorie des biens communs » et on a raison. On l’avait laissé tomber dans la période de dérégulation à outrance qu’on vient de traverser. Il faut dire que la gestion « des communs » – comme l’air, l’eau, les sols…qui appartiennent à tous et dont la propriété privée ne peut se passer pour prospérer, appelle une maturité dans la gouvernance politique collective qui fait encore largement défaut. Le monde est dans un moment particulier à ce sujet : l’accord de Paris a réussi une prouesse qu’on ne pourrait pas ré-éditer aujourd’hui, autour d’un consensus de la communauté internationale pour tenter d’appréhender le très inquiétant réchauffement climatique et favoriser des nouveaux modèles économes en carbone. Cette question catalyse tous les autres enjeux, sociaux, locaux, éthiques qui caractérisent la recherche actuelle d’un modèle de croissance, formalisé désormais dans les fameux 17 Objectifs des Nations Unies (dits ODD). Le pari est simple et angoissant à la fois : ou bien nous parvenons à décélérer significativement d’ici 2050, en termes de carbone émis mais aussi de gaspillages et de prélèvement des ressources et nous mettrons la planète en posture de « durabilité », ou nous n’y parvenons pas et tous les déréglements géopolitiques sont envisageables…Comme l’écrit remarquablement Michel Camdessus dans son dernier ouvrage « vers le monde de 2050 », cela suppose qu’on mette un terme à « ce modèle auto-destructeur d’avidité généralisée dans lequel l’économie mondiale s’est engouffrée et avec elle une part de ce qui faisait la force économique et la civilisation de l’Occident ». L’ancien patron du FMI analyse les « hypertendances » qui sont autant de défis que d’opportunités : poids du vieilissement et des jeunes générations à la fois, percée des émergents, dynamique de la classe moyenne, urbanisme galopant, globalisation financière, finitude des ressources naturelles, progrès technologique fulgurant… et appelle à un « sursaut d’humanité ».

Ce sursaut peut venir d’une meilleure pratique démocratique, d’une féminisation des sociétés et d’une responsabilité montante des entreprises, si on veut croire aux bons signaux de la mondialisation. Mais si on veut être seulement réaliste, on sait qu’il dépend principalement de l’éducation et de son articulation avec les besoins à satisfaire, d’une gestion publique intelligente et honnête et d’une coopération multilatérale sur les problématiques collectives que les Etats ne peuvent plus résoudre seuls. Le « défi de conscience et de compétence » est le socle d’une intégration de la durabilité dans une économie de marché qui se nourrit de l’innovation et de l’accessibilité croissante aux biens et services ; aujourd’hui ce modèle  s’auto-détruit à la fois par son emballement dans le mauvais usage des produits et son impuissance à favoriser par lui-même une juste répartition de la valeur (« decent and fair profit » disaient le fondateur d’Harvard !). Tant que les dirigeants d’entreprises, fondateurs ou cadres, tant que les managers, dans l’exercice de leur fonction, ne penseront pas plus et mieux la technique au regard du service collectif rendu, le développement humain sera confronté à une interrogation, civilisationnelle et existentielle même, qui n’a jamais été aussi cruciale.

Il est temps que les business schools et les acteurs de formation prennent à bras le corps leur responsabilité qui est de préparer ces dirigeants actuels et futurs à la maîtrise d’une économie, numérisée et financiarisée comme elle ne le fut jamais, pour devenir aussi une économie du bon usage et de l’intérêt commun. Cela ne s’improvise pas et n’est pas spontané : cela se pense, cela s’apprend, cela se veut et cela s’organise. Le défi de l’Académie durable internationale est de mettre ces savoirs à disposition des jeunes leaders d’avenir, à commencer sur l’axe euro-africain où se décide une partie de l’avenir commun, qui peut marier l’expérience historique et les potentialités humaines les plus grandes.

Nous appelons les acteurs concernés à apporter leur appui à cette utopie créatrice dont nous poserons les bases réalistes entre partenaires impliqués, africains et européens, le 19 octobre à Lille, dans le cadre du World business forum.