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2018, THE TRANSFORMATION YEAR

18 décembre 2017

La révolution digitale, obsédante et vitale pour les entreprises, conduit les dirigeants à sous-estimer l’autre révolution qui transforme en profondeur les valeurs des citoyens et des clients, les exigences juridiques et politiques de la Société et les opportunités formidables de l’économie verte et sociale : celle de l’aspiration angoissée à « la durabilité de la planète » et conséquemment des business et de leur gouvernance. Le monde alimentaire va continuer de se faire » disrupter », comme celui de la mobilité, de la construction  ou de la santé…nulle part et personne n’est indemme. Sous la pression d’une société civile qui a pris le pouvoir dans les démocraties évoluées, aucune activité n’échappe progressivement à la nécessité de tendre vers « le zéro carbone », de devoir rendre compte de son utilité sociale, de réviser plus justement son partage de la valeur, d’introduire de l’éthique dans l’innovation et de collaborer équitablement  avec les territoires,  en contrepartie d’une formidable confiance qui est accordée à l’économie d’entreprise pour satisfaire les aspirations matérielles de 7 milliards de personnes sur terre, mais tout en acceptant un peu de « mission collective »…

2018 devrait voir ce basculement historique dans les rapports Entreprise et Société après des décennies où le jeu du business s’est  auto-alimenté de sa satisfaction interne pour l’essentiel.  Les nouveaux talents, les investisseurs éclairés et les consommateurs critiques ne s’en contentent plus. Les marques engagées vont l’emporter sur les offres dépassées par cette demande collective qui n’est plus réversible et dont la force prescriptrice s’impose. Cela a des conséquences directes sur la législation, nationale et internationale : la santé n’est plus négociable, la fiscalité n’est plus un jeu  et l’information ne doit plus être manipulée pour  citer quelques un  des enjeux de fond qui rendent illégitimes des stratégies mercantiles qui n’ont pas voulu se poser ces questions jusqu’ici. Quand un groupe historique est poursuivi pour financement du terrorisme, quand des distributeurs doivent revoir le discours prix, quand des énergéticiens doivent passer au vert, malgré eux, quand des banquiers doivent intégrer « l’extra-financier » et quand les produits de consommation doivent passer de la chimie au naturel etc.. c’est bien qu’aucun modèle ne résiste plus à sa « non-durabilité » !

« La Transformation durable » est en marche mais reste à faire, en 2018, à travers quelques évolutions simples qui aideront à assouplir les cadres anciens, obsolètes et inadaptés. S’agissant de l’intégration de la RSE dans le modèle de l’économie de marché internationale, 3 à 4 mutations d’importance devraient se préciser cette année, en effet, à travers la pratique des pionniers : l’intégration des risques courants et RSE matériels pour délivrer des stratégies à impact positif ; la plus grande  prise en compte de la valeur globale, financière et extra-financière, avec des indicateurs de référence comme l’EBITDA Durable et  l’attention portée aux parties prenantes, mieux écoutées et suivies, pas pour altérer mais pour aider la décision  des dirigeants.

Pour autant, il faudrait inscrire dans la gestion, par les textes ou les engagements,  trois éléments constitutifs d’une entreprise durable  qui font défaut aujourd’hui (voir notre analyse dans La Tribune) : la délibération des Conseils sur les résultats extra-financiers, en vue d’assumer des trajectoires de progrès ; la possibilité pour les associés de se doter d’une « mission » qui les engage auprès de leurs parties prenantes, à consacrer enfin dans le droit et l’encouragement de l’appel à l’épargne fléchée à travers un ISR labelisé qui avantage les souscripteurs particuliers, afin de favoriser l’épargne  pour les entreprises engagées, comme on vient de réussir le mouvement des obligations vertes.  Cette collaboration entre l’Entreprise et la Société dépendra largement de la dynamique européenne et donc en 2018 d’un consensus franco-allemand sur le sujet, qu’il faudra aller chercher autour de 3 mécanismes fondamentaux  qui  peuvent ramener la mondialisation vers plus d’équité : introduire les critères RSE dans le droit de commercer avec l’UE, d’abord, organiser un pilotage de l’universalisation de la RSE en coordonnant les acteurs en place et enfin en judiciarisant forcément le non-respect des principes reconnus, comme ceux de l’OCDE, au niveau des groupes. Ce ne serait que mettre le droit en conformité avec les rapports établis et uniformiser sur la planète-business un fonctionnement de base  devenu incontrôlé. Nous proposerons un débat sur ces sujets avec nos partenaires allemands début 2018.

Déjà, plusieurs acteurs œuvrent  en ce sens ; pourquoi ne pas se donner l’objectif en 2018 d’aller vers ce « cadre européen de l’entreprise durable et responsable, souhaitable », préfiguration d’un mouvement qui s’affirme inéluctablement et qui serait expérimenté chez nous  d’abord par les acteurs économiques, grands et petits, publics et privés, qui veulent ressourcer le pacte entre investisseurs, salariés, clients et citoyens sur des bases d’utilité collective, complémentaires de la réussite productive. Si vous souhaitez vous y associer, avec toute la communauté du management responsable qui s’agrandit d’année en année, nous vous accueillons en 2018 parmi tous ceux qui veulent réussir la transformation, au plus près d’eux et de la planète en même temps.  Heureuse année durable, d’engagement et de progrès collectif.

En 2018 nous vous proposons de vous inscrire dans cette dynamique de la durabilité, avec :

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